6.11.05

Dialogue

  • N'es pas peur !
  • J'aimerais bien.
  • Qu'est-ce qui pourrait t'arriver de grave ?
  • Perdre ma réputation.
  • Quelle réputation ?
  • Merci, c'est gentil...
  • Je plaisante.
  • Y a pas de quoi plaisanter.
  • Voyons, ce ne serait certainement pas catastrophique.
  • Je pourrais salir mon image de professionnel...
  • Sérieux ?
  • Oui, on pourrait dire que je me révèle trop, que je sors du cadre éthique.
  • Et alors ?
  • Mes clients ne doivent pas avoir accès à des facettes de ma vie personnelle.
  • Parce que tu pense qu'ils n'y ont pas déjà accès chaque fois qu'il te rencontre.
  • Peut-être un peu mais...
  • Je pense que c'est même en grande partie ces petits aspects de ta vie qui les a attirés vers toi pour la première fois.
  • Tu crois ?
  • Oui, souviens-toi de celui qui a trouvé que t'avais l'air sympathique sur ta photo...
  • C'est vrai ! Et l'autre qui me sentait très humain en lisant un de mes textes de psycho.
  • Et l'autre qui avait entendu parler de toi comme d'un homme exceptionnel qui savait écouter...
  • Ça venait d'un client satisfait...
  • Avec qui tu n'avais utilisé aucune autre technique que celle qui consiste à être toi-même.
  • Tu as raison. Beaucoup de client apprécie mes qualités personnelles.
  • Je pourrais aussi te rappeler ta collègue qui te réfère une cliente, une cliente qui a perdu son père quand elle était jeune, parce qu'elle sait très bien que tu es passé par-là.
  • C'est vrai que je travaille toujours avec ce que je suis...
  • Et que tu te raconte constamment à tes clients.
  • C'est pour illustrer mes propos.
  • Oui, on peut dire que ta vie sert d'exemple, de modèle... à suivre ou à éviter.
  • Des exemples qui peuvent s'avérer thérapeutique...
  • Exactement ! Écrire ta vie publiquement peut être aidant pour bien du monde, y compris tes clients...
  • Je ne sais pas. Crois-tu vraiment qu'ils comprendront ?
  • Fais leur confiance.
  • Mais leur perception de moi va changer.
  • Ne change-t-elle pas tous les jours... à chaque instant ?
  • J'évolue... c'est vrai. J'ai bien évolué depuis ta naissance.
  • Oui. Et en commençant par parler de cette époque tu ne révèle pas grand chose de ce que tu vis maintenant.
  • Tu as raison, ma vie actuelle pourrait demeurer secrète... pour l'instant.
  • Bien sûr ! Tout ce que tu veux peut rester secret. Tu n'es pas obligé de dire toute la vérité.
  • Me suggères-tu de mentir ?
  • Non ! Rappelle-toi ce que disais Gilles Sénécal sur la communication avec les médias.
  • Ah Oui ! "Il faut dire la vérité... "
  • "... Rien que la vérité... "
  • "... Mais pas toute la vérité ! "
  • Tu commence à comprendre.
  • J'te signale que j'ai compris depuis longtemps que toute vérité n'était pas bonne à dire.
  • Je sais, je pleure encore les pages que tu as déchiquetées patiemment du bout des doigts le jour où tu as décidé que tu ne voulais plus que les gens sachent la vérité sur ta vie sexuelle débridée... :-)
  • Je ne le regrette pas.
  • Et tu ne regretteras pas non plus ce que tu t’apprête à faire avec ce blog.
  • Tu pense vraiment qu'on peut se raconter, sans tout dire, et que quelqu'un va s'y intéresser.
  • J'en suis sûr !
  • Même s'ils ne peuvent plus différencier le vrai du faux.
  • Justement ! Parce que tu auras laissé de la place à l'imagination.
  • Tiens, ça me fais penser à une phrase que j'ai dis un jour, ça ressemblait à une maxime connue.
  • Oui. Ça ressemblait à : "La science-fiction, c'est la goutte d'imagination..."
  • "... qui fait déborder le vase de la réalité."
  • Là tu parle José !
  • Merci Ti-Joe !

1 commentaire:

Anonyme a dit...

Très intéressant, le dialogue.
J'aime. C'est naturel et vivant.